Conflits et coopération entre la France et l'Allemagne
Pierre Laffitte constate que Gaston Moch a été dans toutes les causes : celle du volapuk et de l’esperanto, de Dreyfus, de la paix en Europe et du rapprochement franco-allemand, de la relativité. Moch avait imaginé une Alsace indépendante entourée de part et d’autre d’une zone démilitarisée ; une utopie peut-être, mais qui aurait évité le désastre de deux guerres qui ont annihilé la capacité innovatrice de l’Europe, effaçant la forte position scientifique de l’Allemagne et la forte position culturelle de la France au profit de la surpuissance des Etats-Unis jusqu’à la réconciliation prononcée par de Gaulle et Adenauer. Cette évolution aboutit aujourd’hui à un monde multipolaire. L’association que P. Laffitte a créée il y a une trentaine d’année pour la coopération scientifique franco-allemande poursuit en quelque sorte l’utopie de Gaston Moch, dans un contexte où s’estompent les blocages provenant d’héritages mentaux mais où des efforts restent nécessaires.