Parcours politique de la Revue Blanche

1891 : en octobre 1er numéro de la revue transférée de Belgique et dirigée par les frères Natanson. Malquin : « L’an-archie ».

1892 : Barrès : « Lettre à un lecteur familier »; Remy de Gourmont : « le symbolisme ». Premier article de Léon Blum : « Les progrès de l’apolitique en France » dédié à Barrès, député.

1894 : début de la chronique politique (critique des « lois scélérates ») et de la Critique des mœurs de Paul Adam. En mars, premier texte (non signé) de Fénéon qui est arrêté quelques jours après, mis au secret, inculpé au procès des Trente, défendu par Demange et T. Natanson qui font témoigner Mallarmé. Léon Blum prend la gérance, assume plusieurs chroniques et commence les  « Nouvelles conversations avec Eckermann ». La majorité de la rédaction désavoue Barrès. Bernard Lazare : « L’antisémitisme au Moyen-Âge ».

1895 : Fénéon, nommé secrétaire de rédaction, signe avec Victor Barrucand des Passim libertaires (première mention de Dreyfus en février). Supplément Nib lancé par Toulouse-Lautrec. Début de la campagne de Barrucand pour le pain gratuit. « Bakounine » par B. Lazare. « La fin du Capital de Karl Marx » par Charles Andler, 2 textes de Zo d’Axa. Début de la série d’Albert Metin sur les socialistes anglais, et des pamphlets de Tolstoï contre le service militaire.

1896 : articles sur les massacres en Arménie et sur la torture à Montjuich. Thoreau : « Désobéir aux lois ». Léon Rémy : « Le congrès de Londres » dénonçant les manipulations des sociaux-démocrates marxistes.

1897 : Enquête sur la Commune, début de la collaboration de Théodore Duret. Lancement du Cri de Paris avec, au dernier trimestre, les premiers dessins d’Hermann-Paul pour Dreyfus.

1898 : Affaire Dreyfus : signature du manifeste de L’Aurore par les dirigeants et une cinquantaine de collaborateurs de la Revue Blanche. « Protestation » (1er février). « Lettre à Barrès » de Lucien Herr (15 février) au nom des intellectuels, « Le procès » par un juriste (Blum), articles de Quillard, Duret, Gohier.... En fin d’année, débuts des chroniques de Charles Péguy et de Julien Benda. Dans Le Cri de Paris, couvertures de Vallotton, « Chroniquettes » dreyfusardes de Jules Renard. Aux Editions de la RB : L’Armée contre la nation de Gohier, deux livres d’Ajalbert.

1899 : Début des chroniques de Paul Louis et de Robert Dreyfus. Les lois scélérates par F. de Pressensé, E. Pouget et un juriste (Blum). L’armée d’une démocratie et L’Ere sans violence (avec Egigy) par Gaston Moch. Procès de L’Armée contre la nation et acquittement après la plaidoirie d’Albert Clemenceau. Stirner : L’Unique et sa propriété. Albert Delacour : Lettres de noblesse de l’anarchie.

1900 : Blum : « Réflexions sur le congrès socialiste » et « L’article 7 ». Début de la chronique de François Simiand. Premiers articles de Michel Arnauld (Marcel Drouin), de Maxime Leroy, et de la série de Dubois-Desaulle sur les sévices dans l’armée. Le Journal d’une femme de chambre de Mirbeau. Dessins d’Hermann-Paul et de Vallotton sur l’intervention en Chine et la guerre au Transvaal. Paul Louis : La guerre économique. Benda : Dialogues à Byzance.

1901 : Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann de Léon Blum (non signé). Au dessus des forces humaines de Bjoernson. Quatre brochures de Tolstoï (L’esclavage moderne...). Enquête sur la grève et l’arbitrage obligatoire de Jules Huret avec préface de Millerand. Cathédrales d’autrefois et usines d’aujourd’hui de Carlyle avec préface d’Izoulet. Histoire de l’affaire Dreyfus de Joseph Reinach. Histoire du socialisme en France par Paul Louis.

1902 : La guerre anglo-Boer par J.-H. Rosny. Les Conseils et la justice militaire par Charles Vallier. Cession du Cri de Paris

1903 : dernier numéro de la Revue Blanche daté du 15 avril

1904 : lancement de L’Humanité avec une quinzaine d’anciens collaborateurs de la RB

1905 : désengagement des intellectuels (Herr, Blum…)