Ouverture du colloque du 29 janvier 2009

Yves Dauge indique qu’il a informé Gérard Larcher,  président du sénat, de cette journée en lui citant une phrase de Romain Coolus, un des acteurs connus de la Revue Blanche, dans laquelle, écrira-t-il «  tant d’artistes, d’écrivains, de philosophes, de politiques se sont retrouvés et unis étroitement pour ouvrir la vie dans toute son ampleur, dans toutes ses complicités, dans toute son intensité avec le désir et l’espoir d’introduire plus d’humanité dans les rapports des hommes entre eux, plus d’aisance et de richesse dans le jeu artistique, plus de justice sociale dans le jeu social ». Cette belle formule prouve l’extrême actualité des questions qui vont être abordées.

Le sénateur expose que cette réunion a été suscitée par la parution de l’ouvrage de Paul-Henri Bourrelier sur la Revue Blanche, mine d’informations et d’analyses, récompensé par un grand prix de l’académie française et salué par des article élogieux comme celui paru dans La Quinzaine Littéraire de Maurice Nadeau, président d’honneur du colloque. Yves Dauge collabore depuis longtemps avec Paul-Henri Bourrelier dont l’épouse ainsi la sienne − toutes deux sont présentes −, descendent de la famille Natanson qui a créé et dirigé la Revue Blanche.

Il  remercie les organisateurs et les conférenciers qui ont préparé un programme passionnant, salue ses collègues Claude Estier et Louis Mermaz,  et se réjouit de voir que les auditeurs qui ont surmonté les difficultés de déplacement de ce jour sont aussi nombreux.

 

Paul-Henri Bourrelier présente le programme qu’il a établi avec Michel Drouin, en liaison avec Yves Dauge. Il remercie Maurice Nadeau, personnalité historique de l’édition française, qui envisageait de venir, la questure du sénat et Sara Dauge, son frère Rémy qui a monté avec lui l’exposition présentée dans le foyer, ainsi que tous les intervenants..

L’ambition de la journée est de présenter, d’analyser et de discuter des combats politiques de l’avant-garde au tournant entre les XIX et XXe siècles. La Revue Blanche, mais pas seulement elle, sert de lien et de révélateur.  Une observation : les aspects purement littéraires ou artistiques, ne seront pas pris en compte puisque le thème du colloque est la politique, mais on ne manquera pas de mentionner les positions prises par des écrivains ou par des peintre en tant qu’intellectuels, puisque leur participation est une des caractéristiques de ce moment de l’histoire de la société française.

Il fallait faire un choix parmi les thèmes et les personnalités. Les organisateurs ont structuré les deux séances sur quelques grands combats fédérateurs qui ne sont pas clos un siècle plus tard, loin de là :

-          les combats pour la paix en Europe avec en arrière plan une interrogation sur les     raisons pour lesquelles ils n’ont pu empêcher le glissement, dix ans plus tard, vers la guerre.

-          Les efforts pour unifier les courants socialistes et pour positionner le socialisme par rapport au mouvement anarchiste,

-          la guerre économique et la lutte pour les droits de l’homme dans le contexte de la mondialisation, 

-          enfin l’aménagement de la cité dans le contexte des nouvelles technologies, des exigences sanitaires et de l’Art nouveau..

 

Les organisateurs ont mis l’accent sur quatre personnalités emblématiques : Georges Clemenceau, Léon Blum, Félix Fénéon et Charles Péguy − tandis que Jaurès sera fréquemment invoqué.  Cependant ils ont voulu aussi faire connaître une dizaine acteurs moins présents aujourd’hui dans les mémoires bien qu’ils aient eu souvent un rôle fondamental : Gaston Moch, Albert Clemenceau, Urbain Gohier, Lucien Herr, Charles Andler, François Simiand, Paul Adam, Paul Louis, Victor Barrucand. D’autres, également remarquables et importants, ne pourront malheureusement être que mentionnés.

 

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