Victor Barrucand, de la Revue Blanche à l'Akhbar

Publié le par Paul-Henri Bourrelier

Communication de Céline Keller, descendante de la famille Barrucand, qui prépare une thèse en Histoire et Civilisations à l'EHESS : "Victor Barrucand (1864-1934), écrivain et journaliste, directeur de l'
Akhbar à Alger (1902-1934)" sous la direction de François Pouillon.


RESUME
Poitevin d’origine, autodidacte, Barrucand monte à Paris, compose de la musique, s’implique dans l’anarchisme : il assiste Zo d’Axa à la rédaction de L’Endehors, y fréquente Emile Henry, anarchiste radical, qui commet l’attentat du café Terminus, affaire dont il racontera des péripéties dans son roman Avec le feu, réédité récemment, dont Fénéon écrira : « C’est le roman social et romanesque le plus émouvant et le plus parfait d’un siècle en quête d’aventures ».  En 1895 Barrucand adapte sous le titre du Chariot de terre cuite, une pièce de la mythologie indienne que Lugné Poe monte au théâtre de L’Œuvre dans des décors de Toulouse-Lautrec avec un prologue déclamé par Fénéon, représentation qui fait scandale par son message libertaire et la présence sur scène de figurants demi nus. Il signe avec Fénéon les « Passim » insolents de la Revue Blanche. Il mène pour la distribution de pain gratuit aux plus démunis (et parmi eux les grévistes et les anarchistes pourchassés), une campagne portée par la Revue Blanche qui va jusqu’au dépôt d’une proposition de loi qui est rejeté avec le motif suivant : « Le pain gratuit fait abnégation au principe d’ordre de la nation et tend à bouleverser l’architecture sociale ». Il en reste un livre Le Pain gratuit dont on tirera 8000 exemplaires. Il se présente à la députation à Aix en Provence en 1897 et 1898. A Rennes, avant le procès de Dreyfus, il rédige les éditoriaux du seul journal dreyfusard de la ville, prend en main le service d’ordre, représente la Ligue des droits de l’homme, accueille les personnalités…

En 1900 Barrucand s’installe à Alger pour contrecarrer la poussée antisémite et promouvoir les droits de l’homme. Il entre à la rédaction du quotidien algérois Les Nouvelles et en démissionne après la révolte de Margueritte qui est suivie de l’instauration de tribunaux répressifs. Il rachète alors L’Akhbar, journal local,  organe de presse bilingue qui sera soutenu par des personnalités libérales et des Musulmans. Après un succès initial, les difficultés financières seront permanentes et les adversaires de la promotion de la population arabe ne lui feront pas de cadeaux. En 1901, il recrute Isabelle Eberhardt, jeune française d’origine russe, convertie à l’islam et mariée à un sous-officier musulman, prend sa défense et l’envoie enquêter dans la zone frontière avec le Maroc située sous le commandement de Lyautey avec lequel Barrucand s’est lié et qui la protège. Lorsque Isabelle périt dans la crue d’un oued, Lyautey aide Barrucand à sauver ses notes dont il tirera quatre livres ; les arrangements stylistiques et la co-signature qu’il apposera sur certains alimenteront de vives attaques activées par ses ennemis politiques.

Après 1910, Barrucand soutient des candidatures musulmanes, défend auprès de Clemenceau le principe de l’accession d’Arabes à la nationalité française, apporte son concours à un petit fils d’Abd el Kader, fait une proposition de loi.... Sur la fin de sa vie, élu à la municipalité d’Alger, quelque peu assagi, promoteur des peintres orientalistes, il devient un personnage reconnu qui recevra des funérailles officielles lorsqu’il mourra en 1934, la même année que son ami Lyautey.


Je remercie Paul-Henri Bourrelier de me faire l’honneur de venir parler de Victor Barrucand. J’aime bien cette idée de combats républicains car Barrucand ne se réduit pas à une appartenance politique clairement cernée. Il évoluera toute sa vie et passera allègrement de l’engagement libertaire à l’engagement socialiste avant de combattre les excès du collectivisme au sortir de la guerre, sans pour autant épouser une doctrine de droite. Oui, Barrucand est un républicain convaincu, au-delà des luttes politiques, des partis et des suffrages. Ses convictions prennent racine dans sa fascination de la Révolution française et surtout dans son interprétation rigoureuse et son attachement viscéral à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

 

          Barrucand est né le 7 octobre 1864 à Poitiers. A l’âge du bac, il monte à Paris malgré des études prometteuses. Il s’inscrit au Conservatoire de musique et se met à jouer de la flûte et du hautbois dans les concerts des cafés parisiens et en province. En 1886, il a vingt-deux ans quand il publie sa première œuvre : un recueil de poèmes assez inégal intitulé Rythmes et rimes (à mettre en musique). Ces premiers vers d’influence symboliste lui ouvrent les portes des cénacles littéraires de la fin de siècle. Il est introduit chez Théodore de Banville et chez Stéphane Mallarmé avec qui il entretiendra des relations d’amitié filiale.

          Barrucand rencontre un petit succès grâce à ses talents de poète musicien. Ses œuvres poétiques, en particulier La Chanson des Mois, sont mises en musique par Weckerlin, Alexandre Georges et Benjamin Godard.
Chanson de juin sera enregistrée par Caruso le 3 novembre 1916.,  où il publie « Les pâtes de verre et Henry Cros ».

 Entre décembre 1890 et mai 1891, Barrucand collabore à L’Art dans les deux mondes

          L’année 1892 marque le cap de l’implication anarchiste de Barrucand. Il fait partie des membres les plus actifs de l’Endehors, un hebdomadaire libertaire où il publie un article tous les quinze jours pendant près d’un an. Au début de 1894,  il est mêlé de très près aux manifestations anarchistes qui ébranlent le pays. Il soutient Emile Henry, qui avait lancé une bombe dans la salle du café Terminus de la Gare Saint Lazare – l’attentat avait tué une personne et fait une vingtaine de blessés.

          C’est dans cette période troublée de sa vie que Barrucand va commencer à écrire dans la Revue blanche dont il sera collaborateur régulier pendant huit ans. En 1895, il adapte une pièce du théâtre antique hindou pour le Théâtre de l’œuvre : Le Chariot de terre cuite. Mis en scène par Lugné-Poe au Théâtre de l’œuvre, ce drame aux accents libertaires fait son effet. Toulouse-Lautrec réalise des décors et l’affiche, Fénéon est sur scène et des figurants apparaissent quasiment nus. Cette interprétation osée a marqué son temps et les récits scandalisés ou amusés des contemporains ne manquent pas. Le Chariot de terre cuite sera réédité chez Piazza en 1921, magnifiquement illustré par Léon Carré, qui sera un ami intime de Barrucand à Alger.

          Après les représentations du Chariot de Terre cuite, Félix Fénéon et Barrucand cosignent une rubrique régulière de la Revue Blanche : Passim, sorte d’avant goût des célèbres nouvelles en trois lignes que Fénéon écrira dans le Matin. Barrucand commence ensuite un nouveau combat, celui du Pain Gratuit, en même temps qu’il publie les résultats de ses recherches sur un personnage du babourisme, le Général Rossignol. L’idée du pain gratuit est simple et est fort bien résumée par cet adage biblique que Barrucand reprend à son compte: « Donnons-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Il s’agit, par voie légale, d’assurer à tous le pain libre et gratuit comme l’éclairage public et l’eau des fontaines. Pendant les deux années 1895 et 1896, Barrucand écrit de nombreux articles et organise des conférences à Paris puis en province pour mobiliser l’élite intellectuelle et politique autour de cette grande idée humaniste. L’idée fait son chemin, et plusieurs journaux s’intéressent à la question. Début février 1896, le député Clovis Hugues dépose à la Chambre une proposition de loi sur la distribution gratuite du pain signée de 22 députés. Elle sera rejetée avec le motif suivant : « le pain gratuit fait abnégation aux principes d’ordre de la Nation et tend à bouleverser l’architecture sociale ». Pour donner à sa thèse une certaine rémanence, et utilisant tous les moyens médiatiques à sa disposition,  Barrucand publie un livre chez Chamuel. En 1911, le livre en sera à son huitième mille d’exemplaires tirés.

 

          Au cours des années 1897 et 1898, Barrucand se fait un des ardents défenseurs du fédéralisme à travers ses articles. Il s’engage politiquement et c’est comme candidat à la députation qu’il prend ses quartiers à Aix en Provence.  Malgré ses efforts, il est battu par Gabriel Baron, candidat guesdiste, antisémite et nationaliste.

          Son engagement politique atteint des sommets lorsqu’éclate l’affaire Dreyfus. Barrucand part à Rennes pour le procès de révision. Il signera quasi quotidiennement les éditoriaux de l’Avenir de Rennes de juin à septembre 1899. Des rapports de police confirment l’importance de son rôle dans l’animation politique autour du procès. Le 9 septembre, le verdict tombe : Dreyfus est reconnu coupable, il est condamné à dix ans de réclusion. Les dreyfusards sont consternés. L’Avenir de Rennes publie le 12 septembre une lettre de soutien adressée au Capitaine Dreyfus rédigée au sortir du tribunal. Barrucand retourne ensuite à Paris.

 

          Au début de l’année 1900, Fasquelle publie l’unique roman de Barrucand, Avec le feu. Ce roman vient d’être réédité aux Editions Phébus par Eric Dussert et je vous invite à le lire. C’est un roman sur l’anarchie qui illustre parfaitement l’histoire du héros fin de siècle : fragilisé, dédoublé, en position de renonciation et de fuite. Dans ce récit hybride s’enchevêtrent des chroniques de l’actualité, des dialogues, une intrigue amoureuse, des réflexions artistiques et esthétiques, le tout s’achevant sur une correspondance intime. Fénéon y voit « le roman social et romanesque le plus émouvant et le plus parfait d’un demi-siècle en quête d’aventures ».

          Le 24 février 1900, Barrucand épouse Yvonne Jacquin, cousine de Fénéon, à la mairie du dix-huitième arrondissement. Le couple légitime sa petite fille de 20 mois, Simone. Félix Fénéon est témoin. Yvonne Jacquin mourra à Alger en mai 1902 de la fièvre typhoïde. Sa fille Simone, mourra sans descendance en 1935, un an après son père.

 

          L’année 1900 est le tournant de la vie de  Barrucand. C’est au printemps qu’il part en Algérie pour contrecarrer la poussée antisémite dans les villes algériennes. Il devient rédacteur en chef du quotidien algérois Les Nouvelles qui vient d’être fondé par le docteur Paul Gérente pour préparer sa campagne électorale de 1902. Mais des dissensions apparaissent vite entre le sénateur et Barrucand. A la suite de la révolte de Margueritte, Barrucand dénonce la mise en place de tribunaux répressifs. Gérente, appelé « Le Caïman » par ses adversaires, ne partage plus les opinions de Barrucand car son « arabophilie » risque de porter préjudice à sa réélection. Pour préserver son indépendance, Barrucand préfère quitter les Nouvelles. Il s’apprête à racheter l’Akhbar où il continuera jusqu’à sa mort à défendre les intérêts des indigènes contre les excès de la colonisation.

 

          L’Akhbar, que Barrucand réveille de ses cendres, avait été fondé en juillet 1839. C’était l’un des plus vieux journaux locaux et privés de la colonie, Barrucand lui donne une toute nouvelle orientation. Pendant plus de trente ans, Barrucand appartiendra au petit nombre d’intellectuels dits « indigénophiles ». Il trouvera un appui auprès de certains gouverneurs de l’Algérie, comme Jonnart, et auprès de personnalités « éclairées » comme le général Lyautey, mais il rencontrera le plus souvent le mépris ou l’indifférence, d’où l’émergence de sérieux problèmes financiers.

          Au moment de son lancement, l’Akhbar sut séduire. Il bénéficia du concours financier de personnalités musulmanes et métropolitaines et de recettes importantes. Des exemplaires gratuits furent diffusés, et  Barrucand était soutenu par le gouverneur Jonnart.

 

          Autre grande histoire de sa vie, c’est en juin 1901 que  Barrucand commence à s’intéresser à Isabelle Eberhardt. Le 29 janvier 1901, la jeune écrivaine convertie à l’Islam, qui voyage à travers l’Algérie en aventurière, se fait agresser par un fanatique à Béhima. Elle est expulsée d’Algérie. Barrucand s’indigne de cette injustice, il lui ouvre les colonnes des Nouvelles. Il est le premier à reconnaître son talent d’écrivain, et cette admiration le tiendra pendant plus de trente ans. Isabelle Eberhardt devient l’auteur fétiche de l’Akhbar, qui publiera la quasi-totalité de son œuvre, de son vivant et après sa mort. Barrucand lui assure des mensualités régulières.

          Fin septembre 1903, Barrucand l’envoie dans le Sud-Oranais comme envoyé spécial. La frontière avec le Maroc est indéfendable car les tribus de la frontière algéro-marocaine sont particulièrement instables. Le général Lyautey s’emploie à « pacifier » cette région par la négociation et en économisant les coups de force. Cette position est conforme aux idéaux de Barrucand qui ne tarde pas à entrer en relation avec le général. Les deux hommes resteront très liés, jusqu’à leur mort, la même année, en 1934. Un sentiment de communion profonde se dégage de leur correspondance, conservée aux archives d’Outre Mer.

          Le 21 octobre 1904, Eberhardt meurt noyée dans une crue de l’oued d’Aïn-Sefra. Lyautey découvre son corps et en informe Barrucand. Il inventorie des liasses de papier maculées de boue et les expédie à  Barrucand. Il écrit qu’il tient à contribuer à une œuvre de recueil « car je regarde que vous ne remplissez pas là seulement un devoir de lettre. ». Barrucand tirera en tout des manuscrits confiés par Lyautey, quatre volumes rassemblant les récits d’Isabelle Eberhardt  : Dans l’Ombre chaude de l’Islam (1905), Notes de route (1908), Pages d’Islam (1920) et Trimardeur (1922).

 

          Mais revenons à l’Akhbar. Pendant l’année 1905, le journal rencontre des difficultés financières : de 3 000 exemplaires, il passe à 1 200 exemplaires vendus. Cela n’empêche pas Barrucand de continuer de défendre avec véhémence les indigènes en s’attaquant au code de l’indigénat.

          Pour les élections municipales d’Alger de 1908, Barrucand conduit une liste qui permet aux docteurs Bentami et Brihmat d’être élus conseillers. A Paris, une extension de la conscription obligatoire aux Algériens musulmans est en projet. Barrucand et les Jeunes Algériens conçoivent le service militaire comme un premier pas vers l’égalité et envoient une délégation à Clemenceau allant dans ce sens. Des meetings sont organisés ; celui du 28 décembre 1909 rassemble 3 000 personnes. 

          C’est dans ce contexte que Barrucand subit des attaques pour avoir remanié et corrigé les œuvres d’Isabelle Eberhardt. En janvier 1909, les Annales Africaines vont faire de l’injure à  Barrucand leur fond de commerce pendant près de 6 mois. Cinq ans après la parution de Dans l’Ombre de l’Islam, Beuscher, Mallebay, Muracciole, traitent Barrucand de « détrousseur de cadavre » pour avoir cosigné le livre. Il faut voir dans cette campagne de dénigrement un complot essentiellement politique et une réaction des « algériens » aux idées libérales de Barrucand.

          Le gouverneur Jonnart quitte son poste en  mars 1911, Barrucand n’est plus soutenu.  Le journal est réduit à quatre pages. En 1912, l’Akhbar devient bimensuel et les problèmes financiers s’aggravent. Une nouvelle délégation est reçue par Poincaré, qui réclame la représentation parlementaire, l’extension du droit de vote et de la nationalité française, et la suppression des pouvoirs répressifs de l’administration. Poincaré les assure de tenir compte de leurs revendications. En 1913, Barrucand prête sa plume à l’émir Khaled, petit-fils d’Abdelkader, et publie un petit opuscule d’une vingtaine de pages intitulé Réflexions sur le rapprochement franco-arabe en Algérie. Il n’y est jamais question d’indépendance, ni même d’autonomie, une vision absurde pour les deux hommes, mais d’une association loyale et égalitaire entre les peuples, dans le respect des identités culturelles. Leurs propositions commencent à être entendues et le décret du 13 février 1914 double le nombre de conseillers municipaux indigènes et étend le droit de vote à certains indigènes. Mais la suite des réformes est abandonnée quand la guerre éclate.

 

          Sur le plan littéraire et artistique, Barrucand confirme sa position de critique et de littérateur  algérois dans ces années d’avant-guerre. En 1906, il fait paraître dans l’Akhbar les Réflexions sur les arts et les industries d’art en Algérie écrites par Arsène Alexandre, critique d’art renommé – ces  propositions sont à l’origine de la fondation de la Villa Abd el Tif, sorte de Villa Médicis algérienne, en 1907. En 1910, Barrucand rassemble ses poèmes dans un recueil intitulé D’un pays plus beau illustré de sept dessins de Bonnard.

 

          Pendant la guerre, L’Akhbar subit de plein fouet les conséquences du conflit. Les entrepreneurs prudents font des économies et les recettes publicitaires chutent. Le papier est rationné et la censure sévit. Le 30 août 1914, la partie arabe disparaît. On ne pardonne pas à  Barrucand ses sympathies avec l’élite indigène et il est censuré, par crainte qu’il ne divise les algériens qui doivent participer en bloc à l’effort de guerre.

          Après la guerre, Barrucand n’est plus le seul à se battre pour une politique coloniale d’association. La Ligue française en faveur des Indigènes musulmans, présidée par Jean Mélia, est créée qui prône des réformes pour l’accès des indigènes à la représentation parlementaire et pour l’abolition des lois d’exception.  La loi du 4 février 1919, dite « loi Jonnart », étend le nombre d’électeurs musulmans, sans renonciation au statut personnel. Les idées de  Barrucand rencontrent un écho certain puisqu’il est élu conseiller municipal d’Alger.

          Sur le plan militaire, en 1927, Barrucand est l’un des principaux chroniqueurs de l’insurrection du Riff, dans le Maroc espagnol. Les militaires espagnols et français – sous le commandement du Maréchal Lyautey – tentent de réprimer le soulèvement. Barrucand suit l’événement dans la Dépêche Algérienne et rassemble ses articles dans une brochure intitulée La Guerre du Riff.

          Dans les années trente, la situation de l’Akhbar se détériore encore, il ne paraît plus que tous les deux mois. Barrucand, qui avait placé des valeurs en bourse, ne se relève pas des conséquences de la crise de 1929 et est ruiné.

          A l’occasion du Centenaire de l’Algérie, Arthaud publie L’Algérie et les peintres orientalistes, beau livre in folio en deux volumes, toujours recherché aujourd’hui et réédité récemment aux éditions du Tell. Le premier volume contient 90 pages de textes de  Barrucand, et le deuxième 24 planches en couleurs de peintres orientalistes, pour beaucoup anciens pensionnaires de la Villa Abd el Tif. En 1931, le maréchal Lyautey est nommé commissaire général de l’Exposition coloniale. Barrucand est invité à travailler à ses côtés à la préparation du grand événement et dispose d’un bureau dans le Musée des colonies, construit pour l’occasion. Il est nommé Chevalier de la légion d’honneur.

 

          Le dernier numéro de l’Akhbar sort des presses le 13 février 1934.  Barrucand meurt un mois plus tard, à 70 ans. Les funérailles officielles attirent près de 2 000 personnes. Charles-Robert Ageron, notre grand spécialiste de l’histoire de l’Algérie récemment disparu, distinguait l’Akhbar comme un remarquable hebdomadaire » et il ajoutait : « sa lecture in extenso nous a beaucoup appris ».



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Commenter cet article

aram 09/02/2015 14:55

Je connaissais l'article d'Arsène Alexandre sur les arts populaires commandés par Jonnart, mais n'avait aucune idée sur Barrucand.
article magnifique qui vient jeter une nouvelle lumière sur l'histoire "littéraire" algérienne.Merci